Le Triathlon Alpe d’Huez ou Alpe d’Huez Triathlon est le nom d’une compétition de triathlon créée en 2006, qui se déroule à l’Alpe d’Huez dans le département de l’Isère en France habituellement au mois de juillet, mais exceptionnellement en Août cette année. L’épreuve principale propose aux triathlètes une compétition longue distance (XL) sur des parcours de 2,2 km de natation en eau vive, 120 km de vélo se terminant par l’ascension des 21 virages menant à la station de ski de l’Alpe d’Huez, avec un total de 3200m de D+ et pour finir par un semi-marathon sur route et chemin à une altitude de 2 000 mètre.
Pour ne pas faire un comtpe rendu à rallonge, je me suis auto-interviewé avec 5 questions par discipline..
Bonne lecture !
– LA NATATION

Après des mois de préparation, comment as-tu vécu le départ ?
Toujours un peu d’appréhension au départ d’une course à laquelle on est inscrit depuis quasiment un an. Un mélange de stress et d’excitation, ce petit frisson dans le dos… On essaie de se concentrer en se refaisant le film des mois de préparation.
Et puis le cadre est tellement magnifique qu’on se rend compte de la chance que l’on a d’être là. Alors il faut en profiter un maximum !
Comment se sont passés les 2 200 m ?
La natation reste mon plus gros combat. Je suis clairement d’un niveau moyen. J’ai choisi de me placer au milieu du sas intermédiaire pour ne pas partir trop tard. Au final, le choix était judicieux : la nage a été facile.
Comme souvent, il me faut 20 à 30 minutes pour me sentir vraiment à l’aise. Après, je prends mon rythme de « péniche » et j’avance ! ![]()
Bilan : 1h02 à 2’32/100 m, exactement dans mes allures habituelles.
À quel moment t’es-tu dit que ça allait bien se passer ?
Dès le début, j’ai senti que j’étais bien. J’ai posé ma nage quasiment immédiatement et gardé mon allure jusqu’au bout.
Seul petit problème : la puce de chronométrage. J’avais l’impression qu’elle allait se détacher et je me suis arrêté deux fois pour la resserrer.
Dans quel état sors-tu de l’eau ?
Pour la première fois, j’ai « titubé » en sortant de l’eau ! Impossible de courir droit, je tirais carrément vers la droite. ![]()
J’ai pris quelques minutes pour retrouver mes sensations. Mentalement, par contre, j’étais au top. Aucun doute sur la suite. Et j’ai pu échanger quelques instants avec mes parents venus me soutenir. ![]()
Changerais-tu quelque chose à ta stratégie ?
Je n’ai pas vraiment de stratégie en natation : vu mon niveau, le but est simplement de faire « au mieux ».
J’ai le cardio et l’endurance pour tenir la distance, mais il me manque clairement de la vitesse. Je passe les barrières horaires sans problème, mais je pars beaucoup trop loin des copains du club pour espérer me tirer la bourre avec eux. Et ça, c’est dommage !
– LE VÉLO

118 km et plus de 3 000 m de dénivelé : quel a été le passage le plus difficile ?
Pour moi, le morceau le plus compliqué n’a pas été la montée de l’Alpe d’Huez, mais bien le col d’Ornon. La difficulté augmente au fil des 13 km, sans quasiment un seul moment à l’ombre. Et avec le petit vent dans le dos, on ne profite même pas d’un peu d’air… C’était étouffant !
Par contre, QUEL PIED dans la descente ! Un vrai bonheur ! ![]()
Comment as-tu géré les 21 lacets de l’Alpe d’Huez ?
J’étais partagé entre l’envie d’appuyer un peu plus que prévu, car je me sentais bien, et la nécessité de rester raisonnable.
La montée est longue et le début est dur, mais l’ambiance de dingue sur le parcours m’a porté. Et surtout, je remontais des coureurs depuis la sortie de l’eau : 569 places gagnées au classement ! De quoi me conforter dans mon allure et me donner envie de ne rien lâcher.
As-tu respecté ton plan de puissance ?
Oui. Mon objectif était de rester sous les 200 W, et je l’ai respecté avec un NP de 175 W.
Avec le recul, je pense quand même avoir sous-estimé mes capacités sur ce type de parcours, notamment par manque d’expérience. J’aurais probablement pu, ou dû, appuyer un peu plus.
Quel a été le moment le plus difficile mentalement ?
Mon arrêt au pied de la pancarte Alpe d’Huez. J’étais étourdi et pas bien. J’ai préféré m’arrêter 5 minutes pour manger et me réhydrater, quitte à perdre quelques places.
Je suis reparti plutôt bien, encore un peu barbouillé, mais physiquement dans un bon état.
En posant le vélo, envie de courir ou fatigue ?
L’envie de courir était bien là, mais j’étais toujours barbouillé. J’étais partagé entre l’envie de manger et la peur de vomir.
J’ai donc joué la sécurité : toute la course à pied avec de l’eau et du Pepsi, sans rien d’autre.
J’ai finalement terminé dans les temps que j’avais estimés, en alternant marche et course.
Mais avec le recul, je sais que j’aurais pu faire mieux avec une meilleure alimentation sur le vélo.
– LA COURSE À PIED

Tu pars pour 19 km : comment abordes-tu les premiers kilomètres ?
Fatigué !
Mais avec le mental au beau fixe et l’envie de courir. Mon estomac, lui, n’était pas forcément en raccord… Je voulais manger pour reprendre des forces, mais je n’ai pas osé par peur d’aggraver la situation.
Après le premier tour, je me suis dit : « C’est bon, ça va le faire ! »
À quel moment la course est-elle devenue un véritable combat ?
Le 2e tour a été le plus compliqué, avec un petit coup de moins bien et la chaleur.
J’ai continué mon alternance marche/course : je courais dans les descentes ou dès que le terrain s’y prêtait, et je marchais sur le reste.
Dès le début du 3e tour, j’ai retrouvé de l’entrain et recommencé à courir davantage, pour plus courir sur la fin. La preuve qu’il me restait encore quelques ressources !
As-tu pensé que l’objectif pouvait t’échapper ?
À aucun moment.
Après beaucoup d’ultratrails, je me connais suffisamment pour savoir si ça passe ou pas, et surtout comment va réagir le mental. Là, aucune ombre au tableau : le moral était au beau fixe.
La préparation avait été faite dans ce sens et, au final, elle a payé.
Qu’est-ce qui t’a poussé jusqu’à la ligne d’arrivée ?
Avant tout, l’envie d’aller au bout. Je ne joue pas le classement, surtout avec le niveau international de cette course. Je me bats avant tout contre moi-même.
J’ai même pensé pouvoir passer sous les 10 heures, mais ma course à pied était trop lente. L’objectif reste parfaitement réalisable !
Et l’ambiance sur cette course est tout simplement exceptionnelle. ![]()
Et au moment de franchir la ligne ?
ENFIN !! ![]()
Médaille, cadeaux de finisher, puis je me suis allongé par terre : HEUREUX !
Toujours barbouillé, je n’ai même pas profité du ravitaillement final. J’ai retrouvé les copains du club, petit débrief de chacun, puis le plaisir de savourer l’accomplissement du plus dur des triathlons que j’ai réalisés.
Pas la plus dure de mes courses : les ultratrails restent encore un autre niveau physiquement et mentalement.
Mais quelques jours après… je suis encore un peu là-bas ! ![]()








